Un de nos producteur s’alerte dans Libération

Voi­ci un article très inté­res­sant (et inquié­tant!) de Libé­ra­tion dans lequel notre pro­duc­teur de farine et de len­tilles Emma­nuel Van­dame, exprime le péril dans lequel serait mis son exploi­ta­tion par les mesures gou­ver­ne­men­tales.

Voi­ci l’extrait de Libé­ra­tion que vous pou­vez lire en ligne ici.

«Je ne convertis plus rien en bio»

Nou­veau­té de l’année 2011: le cré­dit d’impôt, une aide aux agri­cul­teurs bio, est réduit de moi­tié. De quoi refroi­dir cer­tains exploi­tants comme Emma­nuel Van­dame, qui s’était enga­gé dans une conver­sion bio de ses terres.

Par ANGELA BOLIS

«Je me conver­tis par état d’esprit, parce que je ne vou­lais plus de pes­ti­cide dans mes champs. Mais pas au risque de mettre mon entre­prise en péril…», affirme Emma­nuel Van­dame. Pour cet agri­cul­teur fran­ci­lien, l’avenir de son exploi­ta­tion est en sus­pens depuis l’annonce du gou­ver­ne­ment de réduire de 4000 à 2000 euros le cré­dit d’impôt aux agri­cul­teurs bio. Depuis deux ans, il a fait pas­ser 50 de ses 238 hec­tares, situés sur le pla­teau de Saclay en Essonne, en agri­cul­ture bio­lo­gique. Et comp­tait conver­tir la tota­li­té de ses terres. «Mais on ne peut pas pilo­ter à vue, sans savoir quelles aides on rece­vra l’année pro­chaine… Pour l’instant, je ne conver­tis rien de plus en bio.»

Car au-delà de cette réduc­tion d’aide, c’est l’instabilité des déci­sions gou­ver­ne­men­tales qui désem­pare l’agriculteur. Sa conver­sion bio, il l’a en effet déci­dée en tenant compte de l’objectif du Gre­nelle de l’environnement de «tri­pler les sur­faces actuelles culti­vées en “bio” et de les por­ter à 6 % de la sur­face agri­cole fran­çaise d’ici 2012». Depuis, c’est «une machine arrière», regrette Emma­nuel Van­dame. Et, pour la Confé­dé­ra­tion pay­sanne, l’association Nature et pro­grès et la Fédé­ra­tion natio­nale de l’agriculture bio­lo­gique, «une mesure dras­tique à l’échelle des fermes» contre un «cré­dit d’impôt qui avait comme prin­ci­pal mérite de remettre un peu de jus­tice dans l’attribution des aides, notam­ment parce qu’il ciblait sur­tout les petites struc­tures qui n’en per­ce­vaient pas ou très peu

Une conver­sion coû­teuse

Pour Emma­nuel Van­dame, conver­tir son exploi­ta­tion au bio repré­sente une opé­ra­tion très coû­teuse. «L’agriculture bio génère beau­coup moins de ren­de­ment, on perd 50% de nos reve­nus… Et pen­dant trois ans, on n’a pas encore le label bio qui nous per­met de vendre nos pro­duits plus chers», explique l’agriculteur. Les aides comme le cré­dit d’impôt sont donc pré­cieuses pour faire face à ce manque à gagner. En 2009, dix agri­cul­teurs par jour ont pu en pro­fi­ter en se conver­tis­sant au bio.

Mal­gré cet élan, l’Ile-de-France ne compte que 0,8% de sur­faces agri­coles bio. Un mau­vais score, par rap­port à la moyenne natio­nale de plus de 2%, et aux 8% de champs bio en Paca (chiffres de la Fnab, 2008). Sur le pla­teau de Saclay, à seule­ment vingt kilo­mètres de Paris, Emma­nuel Van­dame est l’un des seuls agri­cul­teurs à s’être conver­ti. Pour lui, cette situa­tion en péri­phé­rie de la capi­tale est une aubaine pour «pro­fi­ter du nid de citoyens du bas­sin pari­sien», notam­ment grâce à la vente directe.

Mais c’est aus­si un ter­ri­toire agri­cole gri­gno­té par l’urbanisation. Et depuis que le pla­teau de Saclay est dans la ligne de mire du gou­ver­ne­ment pour incar­ner «la sili­con val­ley à la fran­çaise», avec cam­pus et nou­velle ligne de métro en pro­jet, «il est dif­fi­cile d’avoir une vision à long terme de son entre­prise agri­cole… Nos terres ris­quant de dimi­nuer encore

Lire l’article sur le site de Libé­ra­tion sur lequel vous pou­vez réagir

Ce contenu a été publié dans Info-actus. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.